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  • STÉPHANE DEMORAND

L'échographie révolutionne la kinésithérapie


Les kinésithérapeutes français rattrapent leur retard : ils ont maintenant l'autorisation de pratiquer des échographies. Ou plutôt des échoscopies.

PAR STÉPHANE DEMORAND

Publié le 28/03/2016 à 05:42 | Le Point.fr

Le kinésithérapeute réalise un bilan lors de chaque nouveau traitement. © DR

Le Conseil national de l'ordre des kinésithérapeutes a rendu le 27 mars 2015 un avis positif sur la pratique de l'échographie par les kinésithérapeutes. Si cette nouvelle est passée inaperçue pour le grand public, elle représente une avancée majeure et devrait permettre à terme d'améliorer considérablement l'efficacité de certains traitements kinésithérapiques.

Sur cette question, la France avait pris du retard sur ses homologues anglo-saxons qui autorisaient déjà massivement la pratique de l'échographie. Ainsi, les kinésithérapeutes australiens ont accès à l'échographie depuis 30 ans et une étude a montré que 51 % d'entre eux la pratiquaient régulièrement dans leurs cabinets de ville.

D'un point de vue sémiologique, il est plus pertinent de parler d'échoscopie, cela afin de tracer une frontière claire avec l'échographie qui est un examen médical contraint par de nombreuses obligations, dont la rédaction d'un rapport et l'établissement d'un diagnostic médical.

Quel intérêt pour le kinésithérapeute ? Et pour les patients ?

Le kinésithérapeute réalise un bilan lors de chaque nouveau traitement. L'objectif de ce bilan est de mettre en évidence les déficits et les déficiences du patient afin d'établir un diagnostic kinésithérapique dont découlera un plan de traitement précis. C'est dans le cadre de ce bilan que l'échoscopie trouve tout son intérêt, puisqu'elle est le prolongement naturel de l'examen clinique manuel.

Mais l'échoscopie permet aussi d'objectiver les progrès dans un traitement au long cours, de suivre l'évolution d'un tendon douloureux ou encore d'une épaule opérée. Enfin, seule l'échoscopie peut proposer une imagerie dynamique riche en informations, l'épaule avec ses tendons qui s'usent en est le meilleur des sujets.

Kinésithérapeute versus radiologue ?

Les kinésithérapeutes n'ont pas vocation à remplacer les radiologues dans la pratique de l'échographie. En effet, seuls les radiologues sont habilités à pratiquer l'échographie dans le but d'établir un diagnostic médical. Les kinésithérapeutes s'approprient cette technique d'imagerie ultrasonore non invasive, et sans effets secondaires, car elle permet d'améliorer considérablement l'efficacité et la précision de leurs traitements. Quant à la technicité, deux études ont cherché à comparer radiologue débutant et radiologue expert, ainsi que radiologue et chirurgien. Elles ont montré qu'il n'y avait quasiment aucune différence dans la courbe d'apprentissage entre radiologue expert et radiologue débutant, ni entre radiologue et chirurgien. La pratique de l'échographie dépend bien plus de la qualité du matériel que de l'opérateur.

Enfin, si vous avez une prescription pour une échographie, ne courez pas chez votre kinésithérapeute ! Celui-ci ne la pratiquera que dans le cadre de son traitement et n'a pas vocation à se substituer au radiologue dans votre parcours médical.

http://www.lepoint.fr/sante/kine/l-echographie-revolutionne-la-kinesitherapie-28-03-2016-2028378_2467.php


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